Musée de la batellerie et des voies navigables

Les bateaux meurent aussi…

Illustration : Frankel Émile ©

De la péniche (bois) à l’automoteur (fer).

La cour extérieure rassemble des objets, certains anciens, d’autres encore utilisés de nos jours. Des parties avant de bateaux, des vérins de bois et de fer et du matériel lourd (ancres, boulards, hélices, cris, cabestans) reposent ici, témoins de l’évolution des bateaux de transport.

bateau Océanor

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les derniers témoins de la batellerie traditionnelle artisanale se devaient d’être sauvés. Une très belle collection de bateaux et de parties de bateaux est exposée dans la cour du musée, elle permet aux visiteurs d’appréhender les véritables dimensions et volumes.

 

 

Le bachot est une petite barque de service nécessaire au marinier, notamment en rivière soit par commodité domestique : traverser la rivière, soit par nécessité technique pour porter des cordages à terre, par exemple, ou simplement pour entretenir la « bordaille ».

Il en existait différents modèles dont les formes étaient semblables à celle des bateaux des régions correspondantes (ci-dessus).

 

 

L’assemblage de certains bateaux de bois se fait par clouage.

Le clou à bateau est la »carvelle », de section carrée à la tête, son épaisseur diminue progressivement dans une seule dimension; elle se termine par un tranchant émoussé et non par une pointe.

Elle est enfoncée à la masse après perçage d’un avant-trou à un ou deux diamètres. Le tranchant est disposé transversalement au fil du bois du clan de façon à ne pas le fendre.

Le calfatage des bateaux cloués se fait par introduction d’étoupe dans les coutures (jointures des bordages) au fer à calfater et au maillet.

HISTOIRE TECHNIQUE DU RECORD

Bateau du type « baquet ». Construit en 1916 pour le canal de Charleroi à Bruxelles. Conçu à l’origine pour la traction animale.

Après la guerre, un marinier français du canal du Berry (dont les écluses ont la même largeur que celles du canal de Charleroi mais sont plus longues), achète la coque et la rallonge à 27 m afin d’obtenir un tonnage supérieur. Puis, il le motorise à l’aide d’un système de « monte et baisse » à cardan commer­cialisé à cette époque qui permet, d’une part, de monter ou de descendre l’hélice selon que le bateau se déplace à lège ou en charge, haut sur l’eau ou enfoncé jusqu’au plat-bord, et d’autre part, de n’occuper qu’une place minime dans l’écluse de façon à avoir le bateau le plus grand possible. Pour cela, on relevait l’arbre et l’hélice grâce à un petit treuil placé sur le pont, puis on refermait le gouvernail, légèrement décentré pour laisser la place de l’hélice.

Afin de n’avoir pas à effectuer ces opérations inutiles lorsqu’il navigait sur les voies de gabarit « Freycinet » où les écluses sont plus longues, le marinier a immobilisé le dispositif amovible et ajouté un gouvernail commandé par des « drosses » en chaîne entraînées par un « macaron » de l’intérieur d’une « marquise » construite à cette époque.

C’est l’addition de ces dispositifs divers au cours des ans, qui a donné à l’arrière du RECORD cette complexité particulière.