Musée de la batellerie et des voies navigables

Exposition temporaire « Paré à larguer les amarres »

Une exposition pour les enfants…et pour les grands enfants !

 

L’exposition printanière du musée de la batellerie et des voies navigables est désormais bien ancrée dans nos habitudes.

Cette année nous vous invitons à venir découvrir dans l’Orangerie du parc du Prieuré la nouvelle exposition temporaire intitulée « Paré à larguer les amarres ! » du 11 mai au 7 juillet 2019.

Cette exposition à hauteur d’enfant, originale et dynamique, mêlant tradition et modernité, va vous surprendre : la part belle est faite aux expériences pratiques et interactives, avec des ateliers qui occupent la majeure partie des lieux.

Les petits comme les plus grands découvriront en s’amusant le quotidien des mariniers et pourront s’imaginer un jour devenir l’un des leurs…

Une exposition ludique et pédagogique qui peut être appréciée aussi bien en famille que dans le cadre scolaire.

 

Petite histoire de la navigation intérieure

 

La navigation intérieure se pratique sur les rivières et sur les canaux. Elle a toujours joué un rôle extrêmement important dans notre pays car c’est elle, qui pendant des siècles a assumé la majeure partie des transports de mar­chandises et de personnes à travers notre territoire.

Depuis son apparition, loin dans la préhistoire, elle se pratique sur les fleuves, les lacs, les étangs et les marais.

On peut penser que l’homme a d’abord navigué pour exploiter directement la nature, par la chasse et par la pêche.

Le batelage, navigation de transport à courte distance avec des bateaux de taille réduite, est peut-être apparu ensuite, dans certaines régions de « polder », comme les marais, les étangs du Languedoc ou les hortillons d’Amiens. La navi­gation à longue distance sur les grandes voies fluviales qui sillonnent notre pays comme autant de routes naturelles est elle aussi très ancienne, elle concerne aussi bien le transport des voyageurs (qui sont souvent des marchands) que celui des marchandises qui les accompagnent, c’est la batellerie proprement dite.

Au fur et à mesure du peuplement et du développement de notre pays, depuis la préhistoire jusqu’au XVIe, la batellerie fluviale a pris de l’importance. C’est le trans­port fluvial qui est à l’origine de la création de la plupart des villes anciennes de la France, car elles se sont implan­tées en certains lieux fluviaux toujours les mêmes : Ports d’estuaires, au point de rupture de la navigation fluviale et maritime, comme Rouen, Nantes, Bordeaux ou Arles ; villes de confluent comme Lyon (Saône-Rhône), Angers (Loire-Mayenne), ou Paris (Marne-Seine) ; villes-gué ou villes-ports comme pour Avignon sur le Rhône ou Tours sur la Loire, villes situées au point d’origine de la navigation comme : Albi sur le Tarn, Roanne sur la Loire, Le Mans sur la Sarthe, Rennes sur la Vilaine, etc. Il en est de même pour les zones de production agricole ou industrielle ; grands vigno­bles des pays de Loire, de Garonne ou de Charente, régions industrielles de la Haute-Loire ou du Nord, etc.

Les grandes batelleries fluviales qui ont fait notre pays, et l’ont fait vivre, étaient adaptées aux conditions particu­lières des voies qu’elles empruntaient. La Loire, orientée Est-Ouest sur près de 400 kilomètres pouvait être remontée à la voile jusqu’à Orléans et même plus haut, grâce aux vents océaniques du secteur ouest qui soufflent souvent sur notre pays. Elle a connu de ce fait une grande batellerie à voile qui a fait la fortune économique du Val-de-Loire sous l’ancien régime . Tous nos estuaires ont connu une batellerie à voile, comme la Gironde et sa gabarre. 

Dans les régions « d’amont » de certaines de nos ri­vières la navigation à la remontée était impossible, mais possible à la descente ; de là sont nées de grandes batel­leries « à sens unique » dont les bateaux, construits en grande série de façon très économique, étaient détruits à la fin d’un unique voyage. C’est le cas des Argentats de la Haute-Garonne et des Sapines de la Haute-Loire qui « des­cendaient » le charbon des mines de Saint-Etienne au XVIII’ siècle afin de ravitailler les villes du Val-de-Loire et Paris par le canal de Briare, le Loing, et la Seine.

En d’autres régions le halage humain ou animal était seul pratiqué pour « remonter » les bateaux ; c’est le cas de la grande batellerie halée du Rhône ou de la Seine. Notre pays a vécu pendant des siècles de cette intense navigation fluviale.

C’est au XVIIe siècle que s’ouvre l’ère des canaux avec la création du canal de Briare, premier canal à « point de partage » au monde (1642) permettant de joindre deux bassins fluviaux par-dessus la « ligne de partage des eaux ». Le canal du Midi qui joint l’Atlantique à la Méditerranée est le second, c’est l’œuvre du grand Riquet. Au cours du XVIIIe et des XIXe siècles, les canaux à point de partage se généralisent en mettant en communication tous les bassins fluviaux de notre pays, créant ainsi un grand réseau de communications, à la fois naturel et artificiel.

La navigation s’effectue sur ces voies artificielles dans d’excellentes conditions de rendement ; la profondeur d’eau y est constante, il n’y a pas de courant à vaincre, ni d’accidents à redouter comme dans la navigation fluviale, parfois très dangereuse, souvent interrompue par les crues ou, au contraire, par les étiages, par les glaces en hiver ou par des obstacles variés.

Ces difficultés font apparaître une nouvelle sorte de canal, le canal latéral bordant une rivière, comme le canal latéral à la Loire qui longe celle-ci de Roanne à Briare sur 200 kilomètres. La navigation s’y pratique dans la même condition optimum de rendement que sur les canaux à point de partage.

C’est au début du XIXe siècle qu’apparaît une nouvelle innovation capitale, le barrage mobile, qui permet la cana­lisation des grandes rivières et qui a pour but de fournir un « tirant d’eau » important et constant permettant une navigation à grand enfoncement, c’est-à-dire, avec des bateaux lourdement chargés. Le barrage mobile peut être entièrement démonté afin de donner passage aux grandes masses d’eau des périodes de crues ; une écluse lui est toujours associée pour permettre le passage des bateaux du « bief haut » au « bief bas » et réciproquement.

Dorénavant la navigation intérieure s’exerce entièrement sur des voies artificielles, ce que lui donne un style nou­veau : les bateaux sont plus grands et surtout plus pro­fonds, ils transportent donc beaucoup plus de tonnage ; leurs dimensions et leurs formes s’adaptent étroitement à celles des écluses, ils prennent comme ces dernières la forme de grands parallélépipèdes, l’exemple de la péniche du Nord.

Dès la fin du XVIIIe siècle, la navigation mécanique naît, grâce à la machine à vapeur. C’est Jouffroy d’Abbans qui construit le premier bateau à roues à aubes mû par la vapeur, le « Pyroscaphe », qui navigue pendant plusieurs mois à Lyon en 1782.

Pendant la première moitié du XIXe siècle, de nombreux bateaux à roues, fins et rapides, transportent des voyageurs sur la plupart des grands fleuves de notre pays.

Vers le milieu de ce siècle apparaissent les premiers remorqueurs qui remplissent le même office, mais en se propulsant à l’aide d’une hélice. Toueurs et remorqueurs fonctionneront pendant plus d’un siècle.

C’est au début de notre siècle que naît la batellerie moderne, avec la généralisation de la construction métallique et l’avènement du moteur Diésel qui permettent la réalisation de «l’automoteur», bateau porteur autonome.

Le poussage est beaucoup plus récent. C’est lui qui permet le développement de la batellerie industrielle, spé­cialisée dans le transport continu d’un même produit, en très grande quantité, sable, ciment, voitures, pétrole, conteneurs, etc.

L’avènement des moyens de transport terrestres mo­dernes, le rail, puis la route, a fait perdre à la batellerie le monopole qui était le sien jusqu’au milieu du XIXe siècle. Elle s’est adaptée à cette nouvelle situation par l’abandon des voies les moins rentables et par la spécialisation dans le transport des produits lourds et des conteneurs.

Elle reste, et de loin, le moyen de transport le plus économique ; elle permet de dégager en outre les voies terrestres dont l’engorge­ment va croissant, enfin elle est le moyen de transport le moins dangereux et le moins polluant.

 

Le transport fluvial hier et aujourd’hui…